10 Janvier 1975
Très chère Susan ,
Tu ne peux pas savoir à quel point je suis content que tu aies pensé à moi en m'envoyant cette lettre , très touchante. Le fait de savoir que tu es heureuse me rend heureux. Tant de moments passés en ta compagnie , impossibles à oublier. Je n'oublierais jamais ce fameux jour où tu étais complètement perdue au point d'en perdre ta maitrise de la langue française. Tu as adopté cet accent suédois toute la journée , et dès qu'un automobiliste ou un piéton passait tu commençais a hurler : Oh purée , mais jé suis foooolle !
C'était INOUBLIABLE !
Pour ce qui est de ta vie au Honduras , je ne sais pas quoi dire .. Cela m'éblouis autant que toi ! Tout ces enfants et ces habitants qui ont la joie de vivre malgré toutes les difficultés qu'ils rencontrent.
J'ai l'impression que ta future maison sera impeccable , mais ne voudrais-tu pas revenir près de moi ?
Tu me manques tellement ma Susan !
La vie n'est pas dure au Honduras , certes , mais elle sera meilleure pour moi si tu revenais ..
D'ailleurs je te réserve une surprise , très spéciale dès ton retour !
( Le suspens tu adores ça ! )
C'est pour éveiller ta curiosité que je te dis , parce que je sais que plus curieuse que toi , on n'en trouve pas !
Tu es ma Susan ,mon unique Susan , et je veux tellement que tu me revienne !
Il va falloir qu'on le passe ce fameux jour de l'an , toi et moi aux Etats-Unis , comme nous le faisions au bon vieux temps. Il va falloir qu'on sorte encore une fois , que tu sois perdue et que tu adopte ton accent suédois en répétant : oh purée , je suis folle .
Il va falloir qu'on se retrouve , qu'on donne vie à tous nos projets d'avenir.
Susan , je t'en prie , reviens-moi !
Tu as été au Honduras pour aider tout ces pauvres villageois , mais ne vois-tu pas qu'ils n'ont plus besoin de toi maintenant ?
Ils sont heureux et si tu t'en vas , ils le seront toujours , ne t'en fais pas pour eux .
Susane , je t'ai tout dit , tous mes mots , chacune des lettres que je t'ai écrites , viennent du coeur , et crois moi je pourrais continuer à écrire encore et encore , mais il faut que je m'arrête.
Il pleut des bisoux sur ton lit.
Ton Philip qui t'aime à la folie !